mercredi 31 décembre 2008

Beau marketing communautaire

The Sequence - Arne Quinze

Je n'ai pas boudé mon plaisir en passant rue de Louvain, ce midi, au coeur de l'antre parlementaire flamand, où niche "The Sequence", magnifique monstre en bois fluo. C'est beau, c'est de l'art grand et intelligent et c'est du bois durable (label EFC). Les autorités flamandes ont commandé ce bel ouvrage à Arne Quinze, le designer belge ultra tendance, dans l'intention de dynamiser cet ilot grisâtre du coin supérieur droit du pentagone. Une opération qui me laisse un arrière goût amer en tête en imaginant que tout ceci entre dans une stratégie marketing d'une communauté, ce qui est confirmé par les résultats de "The Sequence" tappé sur YouTube. Le premier résultat est un témoignage du Vlaams Belang que je n'ai meme pas eu envie de visionner.

Pour le plaisir des yeux, donc!

lundi 29 décembre 2008

Huit ça suffit?

J’ai noté dans mon calpin cette liste de commémorations dont la presse a fait largement écho tout au long de cette année 2008.
18 – fin de la Grande Guerre
38 – Nuit de crital à Berlin
48 – Déclaration des droits de l’homme
58 – Atomium moule frite, mais surtout naissance de l’Europe
68 – Mai et ses pavés sablés
78 – Mort de Jacques Brel
88 – Assassinat de Chico Valdes, défenseur de la foret Amazonienne

En 98 ? Moi, j’étais en Argentine. Clin d’œil oblige, je créais mon premier site internet « la pagina de casa », vague cyber-grand père du blog, sur mes aventures plus ou moins nettes de Corto Maltese des bureaux.

En 2008 ? A vous de voir ce qui fera l’objet de futur anniversaire. Moi, je parie sur Barak.

mercredi 10 décembre 2008

Confidences publiques entre amis

M’inscrire sur Facebook ? Oui, cela fait plusieurs mois que j’ai ouvert un compte. À l’occasion du premier anniversaire des AntiPastiMisti, je force la passerelle entre mon blog et la page de mon profil, avec cette note en l’honneur de « mes amis ». Les anodines « friend request » m’ont valu de faire face à des retrouvailles pas toujours souhaitées : de ceux que j’avais oubliés à ceux que j’avais enfouis, niés ou pas du tout envie de voir. Retour sur quelques victoires quasi-thérapeutiques…

Première étape, première victoire, fin août début septembre : je crée un compte. J’ai vaincu les a priori intellectuels de mon éducation bourgeoise brabançonne et universitaire « A quoi ça sert ? Non, mais vraiment vous avez le temps ? Ce n’est pas pour moi ces conneries exhibis. Sans parler de la confidentialité ! ». Qui peut critiquer sans avoir essayé ? Me voilà à l’eau, dans le bain de la socialisation facebookienne. Mon compte en banque n’est pas vide. Personne n'est venu dévaliser ma maison. Je n’ai pas été inondé des publicités.

La deuxième victoire, quelques semaines plus tard, c’est d’avoir refusé la demande d’une personne que je ne souhaitais pas compter parmi mes « amis ». Anne-Françoise n’est pas mon amie. Pas question de dire oui. Je me sentais réglo. Mine de rien, c’est un cap à franchir dans cet espace conventio-virtuel du « tout pour plaire ». Tragi-comique outil d’autopromotion, j’avais petit à petit trouvé mon mode de fonctionnement. J’ose à peine l’avouer, je commençais à prendre plaisir à cultiver cet espace, le futile, le temps libre, l’enfantillage, la créativité, le « maintenant ». Une nouvelle petite victoire à l’heure du « impérieux, rationnel, utile » de mon milieu de travail : « sauver la planète, c’est du sérieux ».

Petit à petit, la machine à amis de Facebook se met en place. Le moteur social me propose régulièrement des « amis d’amis », susceptibles d’être, selon le vieil adage, également mes amis. Je garde des reflexes du stade « méfiance » de ma vie sur Facebook. Je fuis les réseaux scolaires, scouts et universitaires comme la peste. Pourtant, même si je n’allais pas vers les gens, Facebook allait me les amener. La vraie partie de la thérapie allait commencer. Des fantômes de mon passé surgissent, remuant des émotions diverses et d’une puissance surprenante! La première onde du choc s’appelle Valérie Beths. Imaginez-vous que tout d’un coup, vous réalisez avoir pris 30ans dans la figure. J’avais perdu de vue cette gamine qui venait jouer chez moi tous les mercredis après-midi et que ma mère accueillait comme son 3eme enfant. J’avais même oublié son existence. Quel bonheur ! Cette présence me faisait chaud au cœur…et me foutait un énorme poing dans les rides. Vint ensuite Philippe Flamine, celui que j’avais essayé, en vain, de suivre depuis ma fuite de l'ichec. Je croyais que le hasard avait décidé de nous séparer, en guise de punition. Le voilà, 15 ans après qui frappe à ma porte internet. Trois mails et quelques semaines après, nous nous retrouvons autour d’un verre, bien ancré dans le présent et l’amitié, parlant de la future fête de la pomme à Martinrive.

Dans la catégorie « Es-tu vraiment mon ami ? », la palme revient à « mon père ». Difficile de nier une demande pareille, vous en conviendrez. Alors, j’ai accepté d’être son ami. Et mes collègues? Je n’ai toujours pas osé adressé une demande à Magali et son silence témoigne d’une embarras mutuel et risible à aborder la question.

Oui, j’ai aussi cédé à quelques nostalgies de bon aloi, je l’avoue sans honte. De mon Erasmus catalan, j’ai retrouvé avec Gilles qui, 10ans après, connaît encore l’hymne du FC Barcelone.
De l’époque Skate or die, je n'ai pas retrouvé Naoufal Bedraoui. Mais je le croise à 300m du bureau. Après un thé à la menthe et une demi-heure de semi sincérité, le doute subsiste. Serons-nous amis avec 20 ans de sac de nœuds pas encore défaits? Pas si simple, la vie…

Quelques semaines après, je reçois un message de paix de la part de Stéphane Michiels qui me demande d’être son ami. Sous mes airs de gros durs en baskets, je suis totalement désarçonné. OUI, Smic ! Je veux être ton ami. Si j’ai fait la paix avec toi, on ne se l’est jamais dit entre quatre yeux. Je le crie et l’écrit par la présente : je suis l’ami de Stéphane Michiels. Quel malentendu stupide. Le mythe est mort. Merci cher ami !

Période un peu sombre de ma vie, la tranche 17-19 ans m’a laissé plusieurs blessures mal cicatrisées. À ce titre, la conversation récente avec Stéphanie Gallo représente la plus belle victoire sur ce passé que m’a offert Facebook. Après une recherche sans succès, la voilà qui apparaît quelques semaines plus tard dans ma boîte à message. Échange de numéro, appels en absences et finalement une conversation...Deux adultes parlent et je sens un nouvel équilibre naître en moi. Le passé est chargé de démon qu’on s’est créé. Autant d’ennemis diffus que je viens de terrasser. Je n’avais pas prémédité ça, mais ce putain de site a contribué à une série de belles rencontres.

Il y a une semaine, Géraldine Meeus, m’a demandé d’être son ami. Formidable. Vais-je enfin créer une rencontre avec ma voisine? Quel pied de nez au passé...Je suis impatient de connaitre la suite.

À la santé des relations humaines, richesse ultime de notre existence éphémère. À la tienne, lecteur imaginaire et anonyme...

lundi 8 décembre 2008

Plongée lumineuse dans l'univers Moerman

Euphorisant, planant, géant, renversant, phosphorescent.



Visite virtuelle pour ceux qui ne pourront se déplacer à Charleroi avant février 2009.

lundi 24 novembre 2008

bon pour un repas trop bon

A ceux qui détestent le mot « BIO », car ils trouvent ça compliqué, cher, pas toujours logique. A ceux qui pensent que Slow Food est réservé à l'élite bobo. A ceux qui s’y perdent face aux questions climatiques, éthiques, équitables et qui ne savent plus quoi mettre dans leur assiette sans se ronger les sangs. Il est temps de faire une halte chez « Trop bon ». Les deux chef(fe)s sont parvenues à offrir un condensé de l'assiette durable, gourmande et démocratique dans un cadre chaleureux et zen, comme aucun autre lieu à Bruxelles! C'est un pro qui vous le dit: ce lieu est unique en son genre...

samedi 22 novembre 2008

Mobilisez vous en commun

Rue de stalle, 9h, ce vendredi, assis à l’arrêt du tram 4. Dans mon dos, une file de voitures immobiles s’étend à perte de vue vers le centre. Ça doit pas etre amusant de se tapper ça tous les jours ! Cela dit, ma situation n’est guerre plus enviable. Je suis assis dans le froid, je viens de louper le tram et je ne suis pas sur d’arriver à mon rendez-vous à l’heure. Grisaille de novembre. Silence urbain en fond sonore. Je serais sans doute mieux au chaud avec un gentil animateur radio qui essaie de me faire sourire. Je m’assoupis.

Soudainement des cris derrière moi. Je me retourne pour découvrir deux excités motorisés descendus de leurs chars pour s’étriper de grand matin. Des « Joue pas au con avec moi ! » succèdent à des « ta gueule ! » et autres petites touches nerveuses à la « je vais t’empoigner si tu continues » qui frisent avec les coups de poings. Une phrase me marque « C’est MOI qui passe d’abord ». Cet automobiliste d’origine turque et ce camionneur flamand ne voient pas leur public silencieux, aveuglé par leur Ego furieux. Les deux coqs rentrent ensuite dans leur poulalier et se remettent en vrombe bruyamment. Ridicule sauvagerie. Lutte surréaliste de micro mètres / secondes de trafic. Le calme reprend le dessus.

Une vieille personne s’approche de moi et je me resserre sur le banc pour la laisser s’asseoir. Un « merci » s’échange avec un sourire...Ce « MOI » crié par le camionneur flamand me revient à l’esprit. Ce besoin d’existence hurlé, cette peur, ce nombrilisme me surprend. Pourquoi ? Comment ? Etre un automobiliste au quotidien a un côté pervers. Comme si l’univers de votre existence sur la route se réduisait progressivement au pourtour de votre véhicule. La notion d’autrui finit par rimer avec « autres voitures » et tout ce qui est « extérieure » à votre bulle en acier est synonyme de rivalité, voire en cas de conflit un « ennemi à vaincre ». Je respire et je me relaxe progressivement. Prendre les transports en commun au quotidien a bien un mérite, au contraire. Être contraint de partager « sa » bulle avec la présence d’autres est « pénible », me dit-on parfois. Je ne partage pas cet avis. Après un incident pareil, j’y vois meme une vrai chance. Je partage, je vis ensemble. Je me sens en lien avec tous les autres passagers et progressivement à tous les passants. Je les regarde autrement: vieux tout mous, noirs de toute l’afrique, beurs surexcités, enfants pleurants, polonais ténébreux, étudiants bruyants, bourgeois égocentriques. Tout ce monde mélangé et sagement assis dans cette bulle filante sur site propre… Je les aime ces sales tronches bigarrées du matin. Ils sont ma famille.

vendredi 14 novembre 2008

Vies Dessinées


Alcoolisme, Pédophilie, Guerre, Immigration...c'est pas une intro folichonne. j'arrête là? La BD s'est ouverte ces dernières années à de nouveaux auteurs, de nouvelles histoires, des genres inédits. Je sors de la lecture de la très puissante autobiographie de Etienne Schréder - Merci Marie ("Amères saisons"). Et j'en profite pour signaler une autre autobio magnifiquement illustrée: "Pourquoi j'ai tué Pierre" .

Plus légers, mais tout aussi réussi, lisez "Là où vont nos pères", belle allégorie futuriste sur l'immigration (Tan Shaun, Dargaud)